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Assurer les vêlages : l'importance du choix du taureau

Actualité19/11/2018ElevageBovins viande

Au cours d’un vêlage difficile, le veau et sa mère souffrent. Ainsi, même si les deux sont bien vivants à la fin, ils sont affaiblis durablement.

La mère ne produira peut-être pas de colostrum, puis de lait, en quantité et qualité suffisantes dans les jours suivants ; et s’occupera peut-être moins bien de son veau. Le veau, lui, sera moins résistant et tombera plus facilement malade : diarrhées, problèmes respiratoires, infections du nombril… Cela engendre donc de nombreux impacts négatifs sur l’économie du système : coûts d’intervention et frais vétérinaires, traumatisme du veau et de la mère, augmentation de la mortinatalité, rétention placentaire, réduction de la fertilité, risques pour l’éleveur…

 

Les vêlages difficiles font parties des premières causes de mortinatalité. D’après le graphique ci-dessous présentant l’incidence des conditions de naissance sur la mortalité des veaux, 34 à 40 % des veaux meurent après un vêlage difficile (code 3) et entre 20 et 26 % après une césarienne.

 

L’aptitude génétique et morphologique des femelles, la disproportion entre la taille du veau et l’ouverture pelvienne de la mère au moment de la mise bas, ainsi qu’une mauvaise préparation au vêlage font partis des principaux facteurs de risques des problèmes au vêlage.

Assurer le vêlage, c’est notamment faire attention à ses choix génétiques. La génétique du veau va avoir un effet sur son développement in utero. Celle de la mère va agir de manière directe sur la croissance du veau ainsi que sur son aptitude à vêler au travers de la taille de son ouverture pelvienne et de sa préparation au vêlage.

 

Deux index génétiques ont été établis afin d’aiguiller le choix des reproducteurs :

  • L’index de facilité de naissance IFNAIS qui traduit l’aptitude à produire des veaux qui naissent facilement grâce à un poids et une morphologie adaptée.
  • L’index Aptitude au vêlage AVEL qui traduit l’aptitude de la femelle à mettre bas facilement grâce à sa morphologie et à son comportement au vêlage.

 

Ces deux index sont à prendre en compte lors du choix du futur reproducteur. Ils seront améliorateurs pour des animaux supérieurs à 100. Pour les génisses on privilégiera un taureau dont l’IFNAIS sera au moins supérieur ou égal à 105 pour assurer un veau de petite taille. Pour des multipares, un index IFNAIS compris entre 90 et 100 aura peu d’incidence sur le vêlage.

 

L’Avel n’est en général connu qu’assez tard dans la carrière du taureau. Bien que faiblement héritable, il est essentiel de prendre le niveau de cet index en compte et de privilégier un mâle issu de parents supérieurs à 100 ou avec un index proche ou supérieur à 100. Assurer un bon niveau d’Avel c’est assurer un renouvellement de qualité avec des génisses présentant une morphologie adéquate pour vêler.

La génomique permet de connaitre rapidement et avec plus de fiabilité les niveaux d’index IFNAIS et Avel. Faire tester son reproducteur ou acheter un mâle génotypé est gage de sécurité pour adapter le taureau au niveau génétique de son troupeau.

 

Pour le choix de ses vaches et du taureau, l’Avel et l’IFNAIS sont le combo gagnant pour sécuriser les vêlages. Ils doivent s’accompagner d’une conduite alimentaire adaptée à chaque stade physiologique de la vache et d’une préparation au vêlage attentive (gestion des lots, qualité des boxes à vêlage et case à veaux, …).

 

Repère économique :

Exemple pour un élevage charolais avec 70 vêlages :

Un taux de vêlages difficiles de 12 % (moyenne Seenovia à 5,3 %) engendre une mortalité de 1,6 veaux supplémentaires. L’incidence économique directe est donc de 1 200 € entre la mortalité et les frais engendrés pour les vêlages difficiles, sans prendre en compte les retards de croissance, de reproduction ni le temps de travail complémentaire.

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