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En tant qu'agriculteur, nous sommes acteurs dans l'amélioration environnementale !

Témoignage07/09/2020Institutionnel

Romain Leblanc s'est lancé dans la démarche Ferme Bas Carbone en 2019, en lien avec son Consultant Projet & Statégie. Ils ont tous les deux travaillé sur les marges de progrès en terme d'empreinte carbone et ont donc établi un diagnostic CAP'2ER.

Ses objectifs, ses actions, sa fierté d'être agriculteur... découvrez son témoignage complet.

Pourquoi s’être lancé dans cette démarche ferme bas carbone ?

Au départ, je me suis lancé dans cette démarche car je voulais mettre des chiffres sur mes pratiques, sur ce que je faisais de bien et sur les marges de progrès à réaliser en terme d’empreinte carbone. Avec François BATTAIS, consultant Projet & Stratégie, on a fait le diagnostic Cap2ER en 2018. Je l’ai refait en 2019 pour comparer et évaluer les écarts. Ce qui est certain, c’est qu’on était dans le vrai ! Les critères identifiés étaient très satisfaisants au niveau de la consommation d’énergie fossile, de la surface de haies et prairies par exemple.

Quels travaux avez-vous mis en place pour améliorer votre bilan carbone ? 

Au moment où j’ai fait le diagnostic, on souhaitait déjà améliorer nos pratiques au quotidien. Par exemple, on a fait construire un boviduc pour augmenter la surface de pâturage de nos animaux. Ce diagnostic nous a aussi conforté sur des choix d'investissement passé : un pré-refroidisseur pour réduire plus efficacement la température du lait et une pompe à chaleur.

A la suite du plan d’actions établi avec François, j’ai souhaité travailler sur l’aspect agronomique, alimentation et génétique.  J’ai donc augmenté le potentiel de mes animaux au niveau génétique c’est-à-dire avoir un peu moins d’animaux pour produire la même quantité de lait. Forcément, qui dit moins d’animaux, dit moins de d’émissions de gaz à effet de serre. En terme d’alimentation, on est passé en "non OGM" : on importe plus de soja sud-américain. J’utilise de l'alcablé, c’est du blé produit sur notre exploitation qui est traité à l'urée pour mieux valoriser sa protéine dans la ration, ce qui me permet de réduire la part de concentré azoté . D’un point de vue cultural, on fait très attention à la consommation de carburant : on passe qu’une seule fois sur une parcelle lors qu’on sème une prairie par exemple (un tracteur avec 4-5 matériels différents d'attelés). Nous allons aussi faire évoluer nos techniques d'épandage de lisier en arrêtant d'utiliser les buses d’épandages. Une des résolutions qu’on a eu, c’est de concentrer nos terres sur le lieu principal et finalement lâcher les terres les plus éloignées. On fait moins de trajets avec notre tracteur ce qui réduit forcément nos consommations de carburant.

En tant qu’acteur pour la préservation du climat, quelle(s) retombée(s) avez-vous aujourd’hui ?

Le principal retour que j’ai aujourd’hui est sociétal. On est capable de discuter avec les gens : ce diagnostic met en lumière nos bonnes pratiques et nous donne des chiffres à communiquer comme le nombre d'hectares de biodiversité entretenus, le nombre de personnes nourries par l'atelier lait, la quantité de carbone stockée grâce aux prairies, arbres et haies de l'exploitation. Je sais que j’ai réduit mon empreinte carbone mais il est encore un peu tôt pour bien chiffrer les choses. Entre deux diagnostics, il faut à peu près 5 ans pour se rendre compte de l’importance de ses investissements.

Ça conforte ma fierté d’être agriculteur et me permet de communiquer positivement sur mon métier. C’est ainsi que j’ai participé avec François BATTAIS à la conférence de presse du Conseil Régional des Pays de la Loire en juin 2019 pour le lancement du programme régional.

 

En tant qu’agriculteur, que dites-vous aux autres qui hésitent à faire le diagnostic ?

Aujourd’hui, les agriculteurs sont conscients qu’il est important de prendre le train en marche. Ils ne sont pas fermés à la discussion. Lorsque tu leur montre des chiffres, les gens apprécient, se comparent et veulent aller plus loin. Les chiffres ne mentent pas ! Notre pouvoir de parole est apprécié, simple et audible.

Les gens se rendent compte de la complexité de notre métier, de la constante adaptabilité que nous devons déployé. Ils prennent aussi conscience, contrairement à ce qu'ils pensent savoir, que nous sommes les premiers acteurs de protection, d'entretien et d'amélioration de l'environnement car c'est notre outil de travail et que nous avons tous à cœur, à termes, de pouvoir le transmettre à nos successeurs de la meilleure façon possible.

Ce qui est important, c’est que nous agriculteur, on ne subit pas mais on est en "position d’attaque" avec ce slogan : « Les agriculteurs stockent du carbone, entretiennent des hectares de biodiversités et nourrissent des personnes ». On a des retombées sociétales importantes !

Ce que je peux dire aux personnes qui ne se sont pas encore lancées dans le diagnostic, c’est que ce diagnostic nous aide aussi à nous orienter en terme de choix stratégiques d’entreprise. Derrière cela, on parle d’augmentation de production et d’économies plus importantes et de fierté d'être agriculteur.

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