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Mise au pâturage : de bonnes pratiques zootechniques pour limiter les accidents sanitaires

Actualité15/04/2020

La mise au pâturage doit être conduite méticuleusement car cette période de transitions alimentaires, climatiques et environnementales est propice à certains troubles sanitaires.

Des bonnes pratiques permettent de maitriser les tétanies d’herbage, les entérotoxémies, les maladies transmises par les tiques, la dégradation de la qualité du lait, les difficultés locomotrices et pour finir l’amaigrissement excessif des animaux.

Trois catégories d’animaux sont plus ou moins concernées par certaines de ces pathologies. Des précautions particulières sont donc à prendre selon la catégorie d’animaux : laitières, taries ou encore animaux de renouvellement.

Attention avec les tétanies herbage

La mise au pâturage doit être progressive avec une transition alimentaire lente, un maintien des apports de fourrages secs et une complémentation en magnésium journalière durant toute la période à risque.

Ces périodes à risques sont favorisées par certaines conditions alimentaires (herbe azotée pauvre en matière sèche et peu de fourrages secs distribués) associées à des conditions climatiques particulières (météo froide, venteuse, plutôt ensoleillée).

La prévention pour les laitières passe donc par la distribution d’au moins 1/3 de la ration sous forme de fourrages secs, ainsi que l’apport d’environ 25 gr de magnésie chaque jour, on évitera également de manipuler trop brusquement et rapidement les animaux lors du retour du pâturage pour la traite. Concernant les animaux ne s’alimentant qu’à l’herbe mettez à disposition du fourrage sec (paille ou foin, si le besoin s’en fait sentir les animaux en mangeront) ainsi que des pierres de sel enrichies en magnésium.

 

Les premiers signes des tétanies sont une baisse de production et une nervosité anormale, puis surviennent des troubles nerveux (baisse de la vision, incoordination motrice) qui peuvent aller jusqu’à un animal incapable de se relever et se débattant. En cas de doute laissez l’animal au calme, et contactez rapidement votre vétérinaire qui prodiguera les soins nécessaires.

Cette période est aussi propice aux entérotoxémies, bien qu’elles soient rares chez les laitières.

Une bonne gestion des transitions alimentaires est la meilleure prévention.
Cependant pour certaines exploitations confrontées régulièrement à cette pathologie, la prescription d’une vaccination peut limiter les pertes d’animaux, elle doit être réalisée avant la mise à l’herbe des animaux car il n’y a pas de remède curatif. L’éleveur découvre malheureusement un bovin mort sans signe précurseur, le cadavre gonfle rapidement et bleuit.

N’oublions pas de surveiller les pathologies transmises pas les tiques.

Cette année, l’infestation semble particulièrement précoce et importante (est-ce en relation avec la douceur de cet hiver ainsi que la météo froide et venteuse du début de printemps ?). Les tiques en plus de spolier du sang aux bovins peuvent transmettre plusieurs pathologies qui seront plus ou moins graves selon le statut immunitaire des animaux. L’observation des tiques se fait surtout sur la tête, sous le ventre et sur la mamelle. Les principales maladies transmises sont la piroplasmose (ou « pissement de sang »), l’Ehrlichiose (ou « maladie des gros boulets »), la maladie de Lyme et la fièvre Q, ces deux dernières sont responsables plutôt d’avortements et de mortalités embryonnaires.

 

Ces pathologies se manifestent souvent par de la léthargie et une hyperthermie. Pour des animaux atteints, des soins sont nécessaires. Contactez rapidement votre vétérinaire. On portera une attention particulière, avec observation méticuleuse des animaux les plus sensibles à savoir les primipares et les animaux achetés, ces animaux ont souvent une immunité défaillante vis-à-vis des agents infectieux présents dans les pâturages de votre exploitation. On sera attentif à tous les animaux si de nouvelles parcelles sont exploitées cette année.

 

Quelques précautions préventives peuvent être réalisées : éviter le pâturage de printemps dans des zones avec beaucoup de ronciers ou des hautes herbes sèches, les tiques apprécient particulièrement ces gites, on peut également tondre les zones de pelage ou les tiques s’installent, enfin l’application des substances insectifuges peut être réalisée.
Des prescriptions vétérinaires d’acaricides peuvent être faites, un délai d’attente lait s’applique.

 

Enfin, bien que l’on remarque avec la mise au pâturage, dans beaucoup d’élevages plutôt une amélioration de la qualité cellulaire du lait et une diminution des troubles locomoteurs on se doit d’être méticuleux concernant ces 2 domaines. On veillera à tout faire pour maintenir la qualité de la peau des trayons, cette période rimant parfois avec vent et boue. On maitrisera donc tout ce qui pourrait léser la peau des trayons comme des passages boueux ou la présence de branchages coupés laissés à même le sol dans le pâturage. Ces aspects ont également un impact sur la gestion des troubles locomoteurs en limitant les lésions des pieds des bovins.

 

Un petit mot concernant les branchages coupés : attention aux risques d’intoxication ou d’empoisonnement avec l’ingestion de branchages coupés. Les animaux habituellement n’ingèrent pas les branchages toxiques sur les arbres mais peuvent les ingérer sur les branchages coupés. Les plantes responsables d’intoxication, les plus couramment rencontrées sont l’if, le laurier-cerise et le thuya, d’une manière générale on se méfiera de toutes les plantes et arbustes d’ornementation.

 

On sera également très vigilant sur l’entretien des zones de couchage, ce n’est pas parce que les laitières vivent en partie au pâturage qu’il ne faille pas gérer très bien les aires paillées, les logettes et aires bétonnées.

 

L’application sur les trayons d’un produit de trempage à effet cosmétique, au moins une fois par jour est souvent bénéfique.

 

N’oublions pas les butyriques qui pourraient être favorisés par des fourrages plus difficiles à maitriser à l’auge et qui chaufferaient ainsi que des animaux moins propres à cause des bouses souvent plus liquides à cette période.


Les troubles pulmonaires concernent peu les laitières mais plutôt les jeunes animaux, attention si les conditions climatiques sont très changeantes (soleil, vent, giboulées).

 

Dernier point à surveiller, limiter l’amaigrissement des laitières au printemps, en adaptant en fonction de l’herbe disponible et du temps de pâturage, les fourrages apportés à l’auge. Un amaigrissement excessif est propice aux tétanies ainsi qu’aux mortalités embryonnaires. Quelques élevages sont concernés par du purpura, plutôt au printemps. On ne connait pas vraiment cette pathologie, cependant on peut dire qu’une bonne gestion alimentaire et environnementale participe à limiter cette pathologie.

Comme nous venons de le voir, le printemps est une période propice à certains troubles sanitaires. Surveillons donc très méticuleusement les animaux aussi bien les laitières que les autres bovins. Avant de mettre les animaux dans une parcelle faisons en systématiquement le tour.

 

Dr Hervé BAUDET

Vétérinaire Conseil

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